Le 2 octobre 2018

Entrer dans l’univers de Bernard CAPO, c’est comme entrer dans la Cathédrale de Bourges pour la première fois. Le regard hésite à s’attarder quelque part… L’auteur berruyer de BD a tant à raconter de sa passion, qu’on ne l’arrête plus et c’est tant mieux. Nous l’avons rencontré pour lui poser quelques questions à propos de l’auteur, mais aussi de l’événement qui lui tient tant à cœur : le festival BulleBerry.

 

Commençons par le commencement : êtes-vous berrichon, berruyer ? 

Berruyer de naissance, donc forcément berrichon ! Depuis 68 ans maintenant … J’aurais pu aller ailleurs mais je suis trop attaché à ma terre natale qui n’est pourtant pas celle de mes ancêtres. Mon père était espagnol et ma mère allemande… Le Berry m’a naturellement adopté !

Vos BD évoquent souvent le Berry…

Oui, c’est un sujet très important pour moi ! Je m’intéresse beaucoup à l’Histoire et celle du Berry est très riche même si trop peu connue. C’est donc une véritable source d’inspiration … Je fais des recherches pour tout et partout et j’en suis à mon 46ème album ! Mes BD sont traditionnelles et beaucoup se déroulent à Bourges et dans la région… Depuis que je suis en retraite, je suis parti sur des albums dont les personnages sont de Bourges ou du Berry : Bascoulard, le Duc Jean de Berry …

Que représente le festival BulleBerry pour vous ?

On a créé BulleBerry avec une poignée d’amis en 1997… Il y a eu un véritable intérêt pour la BD à Bourges, alors on a décidé de se lancer et de créer un festival de bande dessinée. A l’époque, j’étais d’ailleurs le seul auteur de la région. Nous étions 4 auteurs de BD et on a fixé une « charte » du festival : ne pas dépasser la quarantaine d’auteurs pour toujours favoriser la convivialité … en tant qu’auteur, ce qu’on cherche, c’est rencontrer son public et à l’inverse que le public rencontre les auteurs. On parle de notre métier et on échange… La BD, c’est une grande famille, quand je suis rentré dans ce milieu par hasard, j’ai toujours été subjugué par ces gens : cultivés, sympathiques, aimant rire et discuter, simples, qui ont toutes les qualités… comme moi !!!!

Un coup de coeur sur les projets du festival ?

Le festival, c’est une famille, on peut ne pas se voir pendant 10 ans mais on est bien ensemble… Il est là, le coup de coeur, c’est de se retrouver chaque année, l’occasion de faire connaissance avec les nouveaux, de revoir les anciens. Et du fait qu’il y ait cet esprit à Bourges, les auteurs s’y sentent bien et se lâchent complètement : « bonne bouffe, bons hôtels, belle salle »… Les auteurs qui arrivent à Bourges et qui ne connaissent pas notre belle ville sont SURPRIS !!! Par les monuments, la gentillesse des gens, la beauté de la ville ; le public de Bourges est un public éminemment sympathique, poli, aimant découvrir … il y a un esprit bon enfant, et c’est loin d’être péjoratif …

Quelle a été la BD la plus marquante pour vous ?

Celle d’Alain-Fournier… j’ai voulu la BD plus que fidèle au roman avec les mots d’Alain-Fournier, les sites qu’il a décrits… Je ne me serais pas permis de faire autrement, tout est réel dans ce livre, les personnages, les lieux, … Bizarrement, je me sentais un peu dépositaire de la chose et le seul autorisé à faire cette adaptation : pour moi, c’est une espèce d’ascension de l’Everest. J’ai mis 20 ans à avoir l’autorisation de le faire…

Des projets pour la suite ?

Ah oui ! Toujours ! Je suis en train de travailler sur une biographique de Jacques coeur en BD. C’était indispensable, elle est tellement compliquée la vie de Jacques Coeur …
Prévu pour quand ? … prévu pour quand ce sera fini 🙂

Si vous deviez convaincre quelqu’un de venir au festival BulleBerry ?

C’est un festival à taille humaine et en tant que visiteur, on ressent cette convivialité. Il y a également des expositions dans les lieux que les berruyers ne peuvent pas découvrir autrement !

Avez-vous un endroit que vous préférez à Bourges et dans les environs ?

Bourges dans son ensemble, j’adore me promener dans les ruelles, j’ai toujours été curieux de nature et au bout de tant d’années, j’ai toujours quelque chose à découvrir. Mais je ne viens jamais à Bourges sans aller voir la plus belle cathédrale du monde, j’en ai visité des tonnes, mais celle de Bourges est tellement unique !

Un endroit où j’ai passé ma jeunesse : les Marais. Ils sont uniques, je ne connais aucune ville qui a un endroit de ce genre, qui garde autant son mystère puisque peu accessible finalement…

Le Berry se mérite en fait, et comme le disait Alain-Fournier « Il faut écarter les branches » pour découvrir la nature, les monuments, les gens …  j’ai le souvenir d’avoir  découvert des endroits fabuleux en faisant la BD sur Noirlac.

Bourges  pour moi, … c’est toujours une source d’inspiration et de surprises !!!!